Énergie Renouvelable : Pourquoi le Soleil et le Vent Dépassent Déjà le Coût des Combustibles Fossiles

Le coût de l’électricité à partir du soleil et du vent a chuté de manière historique, et dépasse aujourd’hui les combustibles fossiles en prix et prévisibilité. Pour ceux qui conçoivent des maisons efficaces, des quartiers solaires et des bâtiments à faible consommation, cela change tout.

Peu de temps ? Voici l’essentiel :
✅ Points clés 💡 Que faire maintenant
Solar et éolien ont déjà un Coût Nivelé d’Énergie (LCOE) inférieur à celui du charbon et du gaz ⚡ Faites une pré-étude de consommation et de toiture ; comparez 3 propositions d’autoconsommation 🔍
91 % des nouveaux projets renouvelables sont moins chers que les fossiles 💶 Utilisez des contrats avec un PPA ou des coopératives locales pour verrouiller un prix stable 📉
✅ L’intégration au réseau nécessite stockage et renforcement des câbles 🧠 Planifiez des batteries et une pompe à chaleur lorsqu’il y a un surplus et des tarifs dynamiques 🔋
✅ Au Portugal, les renouvelables garantissent déjà de larges parts de consommation 🌬️☀️💧 Combinez efficacité (isolation) + production locale + gestion de la consommation 🏠

Énergie Renouvelable : la chute réelle des coûts montre pourquoi le soleil et le vent surpassent déjà les fossiles

Il existe une mesure simple pour comparer les technologies de génération : le LCOE (Coût Nivelé de l’Énergie), qui regroupe l’investissement, l’exploitation et la maintenance sur toute la durée de vie. En examinant cette mesure entre 2009 et 2024, la différence est indiscutable. L’énergie solaire photovoltaïque est passée d’environ 496 $/MWh (~55 €/MWh en 2024), tandis que l’éolien terrestre a chuté d’environ 380 $/MWh à ~49 $/MWh (~45 €/MWh). En revanche, le charbon et le gaz ont maintenu des coûts plus élevés et plus volatils.

Ce changement résulte de trois moteurs : innovation technologique, échelle industrielle et politiques publiques cohérentes. Des modules plus efficaces, des onduleurs intelligents, des tours éoliennes plus hautes et des pales optimisées ont réduit le coût unitaire. Des lignes de production plus grandes ont dilué les dépenses fixes. Et des enchères compétitives et des objectifs clairs de décarbonisation ont créé de la prévisibilité pour les investisseurs.

Même en tenant compte du gaz à cycle combiné, dont le LCOE est passé d’environ 115 $/MWh à ~74 $/MWh (~68 €/MWh), il reste en moyenne supérieur à l’éolien et, souvent, supérieur aux grands projets solaires. Les centrales à pointes au gaz, utilisées lors des pics de demande, demeurent parmi les plus coûteuses, d’environ 186 $/MWh à ~165 $/MWh. Le charbon a également reculé de ~153 $/MWh à ~115 $/MWh (~106 €/MWh), mais reste loin de concurrencer le vent et le soleil.

Il existe des nuances importantes. Les coûts des matières premières et les chaînes d’approvisionnement peuvent osciller avec la géopolitique. Les licences de construction lentes, un réseau saturé et les coûts d’équilibre du système augmentent le prix final dans certains marchés. Pourtant, la tendance générale reste favorable aux renouvelables. Parallèlement, des organismes comme l’IRENA soulignent que 91 % des nouvelles centrales vertes sont déjà moins chères que leurs alternatives fossiles, et qu’en 2024, les coûts évités sur les combustibles fossiles ont atteint ~397 milliards d’euros — un soulagement énorme pour les consommateurs et les pays importateurs.

Pour les maisons et bâtiments, l’effet est direct : les projets d’autoconsommation et de mini-centrales deviennent rentables dans un horizon plus court et avec un risque réduit. Pour les municipalités, les PPA avec l’éolien et le solaire apportent une prévisibilité tarifaire sur 10 à 20 ans, réduisant l’exposition aux chocs du gaz. Et pour ceux qui planifient le territoire, le rôle des réseaux, du stockage et de la gestion de la demande se renforce en tant que « fabrique invisible » qui transforme l’énergie bon marché en énergie utile.

⚗️ Technologie 2009 (€/MWh) 2024 (€/MWh) 📉 Variation
☀️ Solaire PV ~456 ~55 ⬇️ ~−88%
🌬️ Éolien terrestre ~350 ~45 ⬇️ > −70%
🔥 Gaz (cycle combiné) ~106 ~68 ⬇️ modérée
⚡ Gaz (pointes) ~171 ~152 ⬇️ légère
🪨 Charbon ~141 ~106 ⬇️ limitée

Résultat pratique : lorsqu’il s’agit de prix par MWh sur la durée de vie, le soleil et le vent ont déjà gagné la course — et avec une marge confortable.

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Du coût par MWh à votre facture : transformer l’avantage du soleil et du vent en factures plus basses

Si le LCOE des renouvelables a baissé, pourquoi certaines factures n’ont-elles pas encore baissé ? Parce que la facture finale inclut le réseau, les frais, les impôts et l’équilibre du système. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a de la marge pour agir. La combinaison d’efficacité, d’autoconsommation et de gestion des charges permet aux familles et aux entreprises de capter l’électricité la plus bon marché aux heures appropriées.

Commencez par les bases : un diagnostic de consommation. Identifier les pics, les charges continues et le potentiel de décalage (ex. : chauffe-eau, pompes à chaleur, chargement de véhicules) révèle des opportunités rapides. Ensuite, dimensionnez le système photovoltaïque en tenant compte de l’orientation de la toiture, de l’ombrage et des modèles d’utilisation. Dans de nombreux cas, une petite batterie peut déjà équilibrer la courbe journalière et réduire les achats pendant les heures coûteuses.

Dans les marchés où la rémunération pour l’injection dans le réseau est inférieure ou en raison de tarifs d’utilisation (comme les changements réglementaires observés au Brésil à partir de 2026), le mot d’ordre est autoconsommation. Programmer les machines à laver, pomper de l’eau ou charger le VE à midi transforme les excédents en économies. Là où il y a des PPA résidentiels ou des coopératives énergétiques, il est possible de verrouiller des prix stables, se protégeant de la volatilité du gaz.

Exemple pratique : “Maison Oliveira”, toiture de 6 kW et batterie de 5 kWh

Dans un quartier de maisons, un ménage ayant une consommation annuelle moyenne a installé 6 kW de solaire et une batterie de 5 kWh. En décalant des charges (ECS avec une pompe à chaleur à midi, machine à laver et lave-vaisselle en période solaire, VE le week-end), il a élevé l’autoconsommation à plus de 70 %. Avec un contrat de vente d’excédents simple, le reste a assuré un retour additionnel.

Le plus intéressant est le confort : une maison bien isolée (laine de bois, fenêtres efficaces, ombrage contrôlé) a besoin de moins d’énergie. Ainsi, chaque kWh solaire « vaut plus ». Et lorsqu’on intègre la ventilation mécanique avec récupération de chaleur, le gain double en hiver. C’est une architecture qui travaille pour l’énergie — et non l’inverse.

  • 🧭 Étape 1 : relevez les profils de consommation par heure ; identifiez les charges déplaçables.
  • 🔆 Étape 2 : dimensionnez le FV pour l’autoconsommation, pas pour “production maximale” à tout prix.
  • 🔋 Étape 3 : évaluez une petite batterie ; concentrez-vous sur la réduction des achats pendant les heures de pointe.
  • 🧱 Étape 4 : investissez dans l’isolation, l’étanchéité et l’ombrage — kWh économisé est kWh généré.
  • 📲 Étape 5 : utilisez une automatisation simple (minuteur, prises intelligentes) pour gérer les charges avec le soleil.
  • 🤝 Étape 6 : comparez les propositions, vérifiez les garanties et la maintenance préventive.

Morale pour votre maison : là où il y a un toit bien orienté et une utilisation diurne, l’énergie bon marché du soleil se transforme en économies tangibles.

Intégration au réseau : stockage, gestion et le “paradoxe” de l’abondance renouvelable

Lorsque le soleil et le vent sont bon marché, un nouveau défi se pose : comment utiliser cette énergie exactement quand elle apparaît ? C’est ici que le stockage, la flexibilité de la demande et les renforcements de réseau entrent en jeu. Dans plusieurs pays, il y a des jours où la production renouvelable est énorme à midi, comprimant les prix, mais chute rapidement en fin d’après-midi. Le résultat est des pics de démarrage des centrales fossiles et, parfois, des curtailment (déconnexion des turbines ou inverters).

Le Portugal illustre bien les deux faces. Il y a eu des périodes où 73 % de la consommation était couverte par des renouvelables en une seule journée, avec l’hydraulique et l’éolien en tête. En même temps, un solde importateur significatif a été observé à d’autres moments, indiquant que le réseau et le stockage n’attrapent pas encore toute l’abondance locale. En décembre dernier, la pompage a fourni environ 267 GWh et les batteries n’ont injecté que 17 GWh, des chiffres qui révèlent un potentiel de croissance.

Quelle est la solution pratique ? Trois couches : infrastructure, technologie et habitudes. Tout d’abord, renforcer les câbles, les sous-stations et les interconnexions permet d’apporter des électrons bon marché à plus de consommateurs. Ensuite, utiliser des batteries stationnaires, de la pompage et même de la chaleur (réservoirs thermiques, ECS) transforme les excédents solaires en énergie nocturne. Enfin, ajuster les charges avec des tarifs dynamiques place la machine à laver au pic solaire et le chargement du VE en dehors des heures de pointe.

Comment concevoir des bâtiments prêts pour le réseau de demain

Les bâtiments avec un « cerveau énergétique » simple jouent un grand rôle. Un petit système de gestion de l’énergie (EMS) orchestre FV, batterie, pompe à chaleur et chargeurs, en priorisant l’autoconsommation et les heures avantageuses. Ce faisant, un immeuble réduit les pics, diminue les coûts de puissance souscrite et rend également un service au réseau, en adoucissant la courbe de l’après-midi.

Pour les municipalités et les industries, les micro-réseaux avec éolien et solaire, stockage et contrats de flexibilité monétisent la disponibilité pour ajuster la consommation en quelques minutes. C’est le marché qui paie pour la stabilité. Plus il y a de capacité d’ajustement, moins nous dépendrons du gaz coûteux dans les moments critiques.

Idée directrice : l’énergie bon marché existe, mais elle a besoin de “chemins et de boîtes” — réseau et stockage — pour arriver quand elle est le plus nécessaire.

Explorer des cas réels d’intégration accélère les décisions éclairées. Ci-dessous, un panorama mondial qui aide à comprendre l’échelle du mouvement.

Scénario mondial : 582 GW ajoutés, investissements record et 91 % des nouveaux projets moins chers

Le monde a installé environ 582 GW de capacité renouvelable en une seule année, portant le total à environ 4 443 GW. L’investissement dans la transition a atteint environ 2,21 billions d’euros (environ un tiers — ~742 milliards d’euros — directement dans des technologies renouvelables). Les chiffres sont éloquents et expliquent pourquoi les coûts ont chuté : plus le marché est grand, plus l’apprentissage et la concurrence entre fournisseurs sont rapides.

Les perspectives officielles sont claires. L’ONU soutient qu’il est possible de fournir 100 % de l’énergie avec des sources renouvelables d’ici 2050, et l’IRENA souligne la réalité incontournable : les renouvelables sont déjà, en pratique, l’option de moindre coût dans la plupart des nouvelles installations. En même temps, un objectif à court terme doit être respecté : passer de 10,3 TW en 2024 à 11,2 TW d’ici 2030. Pour cela, le taux de croissance moyen doit passer de ~15 % à ~16,6 % par an — un ajustement réalisable, à condition que les licences s’accélèrent, que les chaînes d’approvisionnement restent ouvertes et que le financement atteigne le Sud Global.

Ce qui change pour le G20, le G7 et les consommateurs

Les projections indiquent que le G20 concentrera plus de 80 % de l’énergie renouvelable mondiale d’ici 2030, tandis que les économies du G7 devraient élever leur part à environ 20 % de la capacité mondiale. Cela apporte une échelle aux solutions et rend encore plus abordables des technologies comme les pompes à chaleur, les batteries résidentielles et les onduleurs hybrides. Pour le consommateur, cela signifie des contrats à long terme plus attractifs et des produits plus matures, avec un meilleur service après-vente.

Le message qui vient d’en haut est cohérent avec ce qui se passe sur le terrain : l’énergie propre est une économie intelligente. Elle verrouille les prix, réduit le risque, diminue les importations et coupe les émissions. L’opportunité maintenant est de faire en sorte que les gains de coûts atteignent les prises, via des réseaux modernisés et des règles simples pour ceux qui souhaitent produire et partager de l’énergie localement.

En résumé, le monde a déjà choisi son chemin. Il reste à accélérer l’exécution pour que le prix bas du MWh renouvelable se traduise par des factures plus légères et des systèmes plus résilients.

Portugal en focus : le vent, l’eau et le soleil en tête ; le renforcement du réseau et le stockage sont le prochain saut

Le Portugal a vécu des journées avec 73 % de la consommation couverte par des renouvelables, avec l’hydraulique atteignant 36 %, l’éolien 27 %, la biomasse 5 % et le solaire 5 %. En décembre, la production renouvelable a augmenté de plus de 48 % par rapport à l’année précédente, avec des milliers de GWh provenant de l’hydraulique et de l’éolien, et une contribution solaire qui commence déjà à se faire sentir. Pourtant, le pays a enregistré un solde importateur de ~4 581 GWh à certains moments, preuve qu’il est nécessaire de renforcer les interconnexions, les réseaux internes et la capacité de stockage pour profiter des pics de production locale.

Dans l’opération, la production par pompage a été d’environ 267 GWh et l’injection dans batteries a été d’environ 17 GWh, des chiffres modestes pour l’ambition que le territoire permet. La production non renouvelable, principalement à gaz, a diminué de ~16 % dans un des mois analysés, mais a augmenté sur l’année en raison de la variabilité hydrologique et des schémas de vent — rappel que la transition nécessite des redondances et de la flexibilité.

Comment transformer cela en gains pour les villes et les quartiers ? Le chemin est pragmatique : accélérer les licences pour les toits solaires, encourager les communautés de l’énergie, renforcer les câbles locaux et investir dans les batteries de quartier et davantage de pompages. Parallèlement, promouvoir des tarifs dynamiques et la numérisation des compteurs envoie un signal de prix correct aux consommateurs pour décaler les charges.

Liste de contrôle pour les maisons et immeubles prêts pour le “nouveau normal” énergétique

  • 🏠 Enveloppe thermique : isoler les toitures et les façades ; des fenêtres efficaces réduisent les pics.
  • ☀️ Toiture solaire : privilégier l’orientation sud/sud-ouest ; minimiser l’ombrage.
  • 🔋 Batterie : 3–7 kWh suffisent à aplanir la courbe ; intégrer avec un EMS simple.
  • 🚗 VE : chargement programmé à midi ou hors des heures de pointe nocturnes.
  • 🧩 Flexibilité : minuteurs et prises intelligentes pour la lessive et l’ECS avec pompe à chaleur.
  • 🤝 Communauté d’énergie : partagez les excédents dans le quartier ; améliorez le facteur d’autoconsommation.
  • 📑 Contrats : comparez PPA, tarifs dynamiques et conditions de vente d’excédents.

Des cas locaux confirment : lorsque l’architecture, la technologie et la gestion marchent ensemble, l’électricité bon marché du soleil et du vent se transforme en confort accessible et prévisible — exactement ce que l’on attend d’un pays avec d’excellentes ressources hydrauliques, éoliennes et solaires.

Source : jornaleconomico.sapo.pt

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